Mercredi 21 janvier 15

Tes mots s'étaient envolés aussi légèrement que la vaisselle.  Je me les étais pris dans la tête, dans le cœur, ça m'avait tout fracassé au dedans. Il y avait plus de morceaux dans ma poitrine que dans la cuisine. Il était question d'un impôt, d'une taxe ou alors d'un crédit... je ne savais plus. Je me souvenais juste du principal, de quelque chose que l'on devait, des zéros qui s'alignaient sur une feuille, de la colère qui te montait aux joues mais surtout de la peur qui s'amusait à danser dans tes jolis yeux humides.

Et pour la première fois, je n'avais pas eu la force de combattre le monstre qui t'habitait, qui faisait en sorte que ça ne soit pas toi. Je n'avais eu qu'une envie: m'enfuir. Et j'ai fui. Je suis parti me réfugier dans la chambre, j'ai sorti ma plus belle craie de couleur puis j'ai dessiné sur l'un des murs une porte. Pas trop grande, pas trop petite, juste de quoi me laisser rentrer.

Je me suis alors envolé direction les étoiles, le bord du monde, le Rakuen, ou les trois à la fois, dans des mondes qui se distinguaient dans leur mélange, qui se réunissaient en se séparant. J'étais confus, guidé par la machine de mon cœur, nourrie à l'essence de mon sang bouillant, sur des voies tracées dans tous les temps.

J'étais ici ou, et, là, j'étais moi, ou, et, lui, j'étais plus, ou, et, j'étais encore, ou, et, j'étais bientôt. J'étais ou je serai émotion qui sera ou était pensée et avant ou après parole. J'étais livre sans mots, dessin sans traits, musique sans notes, musicien dans le dessinateur de l'écrivain. J'allais forcé où bon me semble, je montais en bas pour descendre d'en haut, je parlais muet pour voir sourd, je sentais le son pour toucher le goût. Je frappais en embrassant chacun d'entre toi, copies d'une seule personne à plusieurs. Plus, ou, et, moins je partais, moins, ou, et, plus, je m'approchais, plus, ou, et, moins j'étais fou, plus, ou, j'étais net. Je ne distinguerai plus le présent que fut le futur ni de de ce que sera le passé. Je me voulus lorsque je passe par la porte qui sera fermée. Je reviendrai lorsque je sais ce qu'il fut. Il sut qu'il sera je qu'il est lui. Il se rappellera ce qu'il est quand j'étais.
 

Jeudi 15 janvier 15

Je t'aurais longtemps combattu
Dans ces nuits de rêves intenses
Où mon corps a été vendu
Sans la moindre résistance
À une amoureuse des rues

Même dans mes longues journées
Où j'aurais dû t'oublier
Tu me revenais tout armé
De tes bras et de tes baisers
Sans une once de pitié

Alors ma vie dans l'orage
Sous l'égide de ma raison
J'ai cherché à être sage
Je me suis fermé aux sons
Ainsi qu'aux accrochages

Je me suis crevé le cœur
Je l'ai laissé se vider
"Il finira bien acquéreur
D'une autre âme à aimer"
Je me disais, je me disais...

... il a suffit d'un de tes sourires
Pour venir tout remplir.

Dimanche 4 janvier 15

 D'une corde en rêves solides
J'accroche ma nuit au bord du monde
Où je te revois par millisecondes
Belle à m'en rendre stupide
 
Alors le cœur penché en avant
J'absorbe les traits de lumières
Ces morceaux de toi d'autant
Cachés dans un coin d'univers
 
Et j'en avale par milliers
Pour t'avoir au fond de moi
Et tant pis si je dois exploser
Faut bien aimer une fois
 
Et je lève mon fou rêve
Au dessus de toutes lois
Et tant pis si j'en crève
Je t'en prie regarde-moi
 
Et j'invoque tous mes dieux
En m'envolant vers toi
Je leur crie dans un trauma
"Je ne veux qu'être deux"
 
Mais le jour s'en vient déjà
Et tu repars en poussière
Tu t'échappes en stratosphère
Ton sourire direction l'au-delà
 
Mais la nuit n'est pas le jour
Je chute et tombe par terre
Des bleus partout sur le corps
Le cœur en cimetière
 
Et loin devant moi
Mon amour part en l'air...

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